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Musique classique et opéra par Classissima

John Eliot Gardiner

lundi 25 juillet 2016


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7 juillet

ETE 2016, sélection cd, dvd, livres. 10 titres à connaître sans modération

Classiquenews.com - ArticlesETE 2016, sélection cd, dvd, livres. L’été, le soleil, la plage ou tout simplement le temps qui s’offre sans compter pour lire, écouter, découvrir… Chaque été, CLASSIQUENEWS vous offre sa sélection des meilleurs titres cd, dvd livres qui ont marqué la Rédaction, depuis le début de l’année 2016. Une occasion de revenir sur les réalisations majeures pour mieux en mesurer la portée et le bénéfice le temps de vos vacances… Tous les titres ici réunis ont décroché la récompense suprême, le CLIC de CLASSIQUENEWS. Notre choix est subjectif, à torts ou à raisons bien sur, chacun selon son goût, mais de toute évidence, si vous n’en connaissez pas encore la teneur, chaque titre vous fera découvrir tout un monde sensible dont les manifestations ont su toucher nos rédacteurs. LIVRES : lectures d’été 2016 M OULINS. Exposition. BAROCKISSIMO! Les Arts Florissants en scène jusqu’au 18 septembre 2016. Le Centre national du costume de scène expose quelques uns des joyaux en tissu, façonnés pour les productions lyriques dirigées par la directeur et fondateur des Arts Flo, William Christie. Opportunité pour le chef d’orchestre mythique et désormais incontournable sur le sujet de l’opéra baroque en France, de récapituler plusieurs décennies de recherches, d’approfondissement et surtout de trouvailles visuelles … ici le déploiement des étoffes prolonge, habille, explicite le geste musical. Le catalogue concentre la pertinence de l’approche muséale, tout en permettant aux personnalités organisatrices de s’exprimer sur les choix, la sélection des objets (costumes, maquettes, etc…) présentés (chapitre ou “acte” I), et aussi la réflexion née à partir des répertoires abordés : “L’Italie et la naissance de l’opéra, les voix” (acte II) ; “La France, Louis XIV et Lully” ; “L’Angleterre, Purcell et Shakespeare” ; “Handel et l’opéra” ; “L’Opéra français, à l’heure de Jean-Philippe Rameau”, sans omettre de tracer des perspectives : “au delà du baroque”. Ainsi Catherine Massip, Martine Kahane dont les recherches sont depuis longtemps associées à l’activité des Arts Florissants analysent très finement les ouvrages abordés, et la singularité critique défendue depuis ses débuts par le fondateur William Christie. EN LIRE + Livres, compte rendu critique. Robert Carsen, l’opéra charnel, par Thierry Santurenne (PUV, février 2016). Voici le premier ouvrage, texte et illustrations (nombreuses et fondamentales pour mesurer l’impact visuel de l’esthétique en question) dédié au travail scénique, dramatique, visuel du canadien Robert Carsen (né à Toronto en 1954) dont l’apport à l’opéra comme metteur en scène n’est plus à défendre. Il est bien l’un des rares avec David McVicar, Robert Lepage, le regretté Herbert Wernicke… entre autres, à respecter la partition tout en cherchant et trouvant souvent, les clés d’une nouvelle grille de lecture. Chez Carsen, s’impose une vision claire qui sait être à travers la partition abordée d’une éloquente cohérence dramatique. D’emblée le titre de l’ouvrage n’a pas laissé de marbre la Rédaction de classiquenews, tant c’est moins son visuel charnel que sa grande élégance esthétisante qui frappe dans chaque spectacle de Robert Carsen. Le metteur en scène a le sens de la composition, sait travailler les groupes (les chœurs ne lui posent aucun problème), comme les solistes, explicitant toujours par un jeu très affiné, les clés de chaque tableau, comme autant de situation dramatique. L’homme de théâtre est un esthète et un érudit qui maîtrise une masse impressionnante de références historiques et artistiques : son œil globalise et préserve toujours une vision et une cohérence qui assure la cohésion de chaque spectacle. Ainsi le théâtre s’affirme sans décalage dans une réalisation visuelle jamais tapageuse qui n’instrumentalise pas la musique au profit du théâtre : chant et jeu d’acteurs y trouvent un équilibre exemplaire. EN LIRE + CD : écoutes enchantées CD événement, compte rendu critique. Mondonville : Grands Motets. György Vasgheyi (2 cd Glossa, 2015) . Dans le sillon des chefs majeurs, Gardiner et William Christie : enfin un vrai grand tempérament pour exprimer le souffle et l’élégance de Rameau… CD événement, compte rendu critique. Mondonville : Grands Motets. György Vasgheyi (2 cd Glossa, 2015). Le geste des baroqueux essaime jusqu’en Hongrie : György Vashegyi est en passe de devenir par son implication et la sûreté de sa direction, le William Christie Hongrois… C’est un défricheur au tempérament généreux, surtout à la vision globale et synthétique propre aux grands architectes sonores. C’est aussi une affaire de sensibilité et de goût : car le chef hongrois goûte et comprend comme nul autre aujourd’hui, à l’égal de nos grands Baroqueux d’hier, la subtile alchimie de la musique française. György Vashgyi, maître… EN LIRE + CD événement, compte-rendu critique. CANTUS : Christian-Pierre La Marca, violoncelle (1 cd Sony classical 2015) . L’excellent Christian-Pierre la Marca fait chanter son violoncelle jusqu’aux étoiles… CD événement, compte-rendu critique. CANTUS : Christian-Pierre La Marca, violoncelle (1 cd Sony classical 2015). Ce qui frappe immédiatement et qui assure la profonde cohérence d’un programme qui n’aurait paru qu’éclectique voire décousu, c’est la finesse élégantissime du son de Christian-Pierre La Marca (né à Nice en 1983). L’interprète maîtrise totalement la puissance cuivrée et chaleureuse de son violoncelle Jean-Baptiste Vuillaume de 1856 : un chant évidemment vocal (d’où le titre “Cantus”), à l’éloquence pénétrante et troublante qui affirme l’indiscutable musicalité de l’instrumentiste. Les plus rétifs à ce genre d’exercice – panorama sacré-, resteront sur une impression mitigée, entre kitsch… EN LIRE + CD, compte rendu critique. Coffret Raconte-moi en musique (4 cd Deutsche Grammophon) . RIEN DE MIEUX que de transmettre aux plus jeunes l’enchantement qu’on a vécu soi-même au moment de la découverte musicale. Ce remarquable coffret de joyaux sonores vous le permettra… CD, coffret événement, annonce : ” Raconte moi en musique… .” (4 cd Deutsche Grammophon). C’est encore Noël en février 2016, grâce à Deutsche Grammophon. AUjourd’hui 12 février 2016 sort un coffret incontournable qui ravira la famille, parents et enfants. La force de la musique, c’est sa capacité à parler à notre imaginaire : ajoutez un texte récité ; le résultat dépasse souvent tout ce que l’on peut imaginer. Conte musical, ballet pour enfants (La Boîte à joujoux de Debussy), opéra conté… les formes sont multiples mais toujours c’est la formidable expressivité des instruments qui est mise en avant… EN LIRE + LE DERNIER HARNONCOURT EST… BEETHOVENIEN. On le pensait surtout mozartien, à la fois sombre et lumineux. Toujours mordant. Rien de tel : le dernier Harnoncourt est Beethovénien. Sony classical édite ses ultimes enregistrements avant la disparition du maestro au printemps 2016 (le 5 mars 2016 : lire notre dépêche, Disparition de Nikolaus Harnoncourt à l’âge de 86 ans )… CD événement. Le Beethoven idéal de Nikolaus Harnoncourt (Symphonies n°4 et 5 de Beethoven) … CD événement. Beethoven : Symphonies n°4, 5 (Concentus Musicus de Vienne, Nikolaus Harnoncourt, 2015 1 cd Sony classical). Harnoncourt a depuis fin 2015 fait savoir qu’il prenait sa retraite (LIRE notre dépêche : Nikolaus Harnoncourt prend sa retraite pour ses 86 ans, décembre 2015), cessant d’honorer de nouveaux engagements. Cet été le verra à Salzbourg, encore, dernière direction qui de principe est l’événement du festival estival autrichien en juillet 2016 (pour la 9ème Symphonie de Beethoven, le 25 juillet, Grosses Festpielhaus, 20h30, avec son orchestre, Concentus Musicus Wien). Or voici que sort après sa sublime trilogie mozartienne – les 3… EN LIRE + CD événement, compte rendu critique. Beethoven : Missa Solemnis : Nikolaus Harnoncourt (2015, 1 cd Sony classical). La Missa Solemnis de Beethoven : L’adieu à la vie d’Harnoncourt. On connaît évidemment la référence de l’œuvre, monument discographique indépassable par sa fièvre, sa poésie, son souffle collectif comme ses incises individuelles: la Missa Solemnis de Karajan enregistrée en 1985 (là aussi véritable testament artistique du maître autrichien) qui reste le sommet de l’esthétique Karajan de l’enregistrement. Un autre immense chef qui nous a donc quitté après l’avoir livrée, Nikolaus Harnoncourtl’intrépide (né berlinois en 1929, décédé en mars 2016), nous offre sa propre vision de la Solemnis (dans cet album qui serait donc son dernier enregistrement chez Sony). Pour celui qui utilise les instruments d’époque pour non plus ressusciter les partitions du passé mais bien les électriser, le défi de la Solemnis, arche morale et spirituelle est un but toujours ciblé, un Graal. Or dès 1954, la fondation de son propre ensemble Concentus Musicus à Vienne indique désormais la voie de la résurrection musicale. Jouer dans la joie. Recréer par la rhétorique et l’éloquence servie, le mouvement de l’échange, l’expressivité mordante, titillante du dialogue… Non plus divertir, mais déranger le public et les interprètes, et les secouer même s’il le faut. La direction toute d’atténuation sidérante dans la résolution finale de cette Solemnis, au rebondissement conclusif digne d’un opéra, atteint un degré de cohérence et d’extrême fragilité à couper le souffle. Harnoncourt y invite le silence et le mystère, inscrivant la fine ciselure instrumentale et collective dans l’ombre. Le dernier accord en ce sens est inscrit dans le silence, comme une révérence depuis le début présente, enfin exprimée. L’effet relève du miracle. EN LIRE + In memoriam Nikolaus Harnoncourt (1929 – 2016) Sony Classical annonce une prochaine intégrale Nikolaus Harnoncourt au dernier quadrimestre 2016 DVD : découverte et ivresse totales Fantastique, allégorique, enivré… l’imaginaire lyrique de Rachmannov est saisissant ; c’est la découverte majeure à laquelle invite ce dvd imprévu, d’une totale surprise : “RACHMANINOV TROIKA”, dévoilant la maturité dramatique du jeune Serguei… DVD, compte rendu critique. Rachmaninov Troika : Aleko, Le Chevalier ladre, Francesca da Rimini (2 dvd Bel Air Classiques). Connaissez vous le Rachma lyrique ? « Aleko » (1893), « Le Chevalier avare » et « Francesca da Rimini » (créés en 1906) sont les trois seuls opéras achevés par Sergei Rachmaninov. Ils sont réunis ici dans une production signé visuellement et théâtralement de Kirsten Dehlholm, avec le concours du collectif d’arts visuels Hotel Pro Forma sous le titre « Rachmaninov Troïka ». Bruxelles, juin 2015. La Monnaie affiche les 3 opéras achevés du jeune Rachmaninov : jeune génie adulé par Tchaikovski, d’une inspiration tragique, noire, pouchkinienne, où l’orchestre davantage que les solistes et le choeur (très présent dans les trois volets ainsi réunis en triptyque, surtout dans Francesca, pour l’évocation des enfers et des âmes maudites errant dans le 2ème cercle), est le vrai protagoniste de la performance. Alors en travaux le théâtre lyrique bruxellois se la joue “hors les murs”, ainsi pour les 3 ouvrages de Rachma, la performance du triptyque a lieu au Théâtre national de Bruxelles. EN LIRE + Sélection classiquenews 2016, opérée par Lucas Irom et Alban Deags, avec tous les rédacteurs cd, dvd, livres de classiquenews.com

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4 juillet

Baroque royal à la Chapelle du Château de Versailles

Des confrontations : des soirées où personne ne perd mais tout le monde gagne (et d’abord, l’auditeur). C’est ce que nous offre depuis un grand quart de siècle Jordi Savall, le plus souvent avec son prodigieux Hespèrion XX (XXI maintenant : nous avons changé de siècle) ou son non moins prodigieux Concert des Nations, et sa Chapelle Royale de Catalogne. Souvent, au disque notamment, c’est à l’intérieur d’une même ville, aujourd’hui Grenade, qu’il nous démontre la compatibilité des contraires : les trois religions monothéistes, qui à coup de paroles se jetteraient l’anathème, mais se trouvent réconciliées dans le chant, monté d’un même sol, de mêmes racines, d’un même esprit. Ou bien c’est une extrémité de la Méditerranée qu’il fait communier avec l’autre, trouvant d’Occident à Orient des assonances, des bribes de mémoire, un élan d’âme communs, que différencient les fabuleux instruments inédits qui sont propres à un seul des deux bords. Le merveilleux rassembleur ! Mais à Versailles l’ambitus entre les deux mondes qu’il rapprochait était le plus étroit possible. Deux compositeurs de Cour, strictement contemporains (l’un de 1661, l’autre de 1671) et raisonnablement nos proches dans le temps et l’espace ; tous deux serviteurs des Bourbons, l’un d’eux au moins un temps fait Espagnol d’adoption et attaché à un petit fils de Louis XIV devenu roi d’Espagne sous le nom de Philippe V ; tous deux par hypothèse musiciens royaux, et ne regardant pas à la dépense, au luxe même, instrumental et vocal ; mais utilisant bien différemment l’énergie créatrice (la leur propre) d’une part, de l’autre les forces royales mises à leur disposition. Confrontation d’autant plus passionnante que Henry Desmarets, assez largement à cause de sa rapide et totale disgrâce (il avait enlevé une mineure, et même Louis XIV qui l’aimait ne pouvait faire grâce au maître de chapelle condamné à mort, et en fuite), est resté très largement éclipsé par rapport aux autres maîtres versaillais, sa production moindre d’ailleurs, et lui même finissant chez les rois de Lorraine, ce qui est moins glorieux ; et l’autre, Francesc Valls, méconnu jusque dans sa Catalogne, et simplement inconnu ailleurs, Savall lui-même, défricheur comme il est, n’ayant dirigé sa Missa Scala Aretina qu’une seule et unique fois, il y a vingt cinq ans, mais alléluia, du Versailles de ce soir un disque va sortir. Y a-t-il bulletin de victoire, couronné (cela se trouvait ainsi) par le somptueux feu d’artifice, lui-même royal, dans les jardins de Versailles à 22h 50, ayant juste laissé à Savall le temps de bisser le sublime Sanctus de Valls ? Dieu merci non. Ce n’est pas dans l’idée de Savall qu’un l’emporte, mais que chacun se soit vu donner la chance de se faire entendre le mieux, avec le plus de ferveur, d’engagement et de perfection possible. Le public de la Chapelle Royale s’est simplement dit qu’il avait découvert deux chefs-d’œuvre, et que cette musique sacrée, si royale, si pompeuse souvent (et s’enivrant de son propre formel, et plus glorieuse qu’inspirée) est encore riche de trésors neufs pour nous faire vibrer. Mais ajoutons tout de suite : seulement avec de tels instruments, de tels chanteurs, et un tel animateur/inspirateur. Ce n’est pas un hasard si dans cette même Chapelle Royale, en cette seule saison, nous avons si fort aimé Gardiner, et Pichon, et Savall maintenant. Eux sont généreux, et font la différence par rapport à d’autres, simplement lissés, convenables, et si terriblement convenus. La messe de Desmarest est de 1702, à deux chœurs et deux orchestres, et le Credo y dure son temps (de texte et de développement), d’autant qu’un Crucifixus très central, et très en évidence, y déploie une Ritournelle, assez sublime mélopée qui peu à peu s’instrumente et où entre un quatuor vocal dont les solistes viennent prendre leur place en plein centre, quittant pour ce seul moment la leur, qui est dans le chœur. Ils ne sont pas timides, ah non, comme honteux de chanter, ils sont vibrants, timbrés, ils osent la générosité (d’accent, pas de volume), le principe de leur chant, c’est-à-dire l’âme, semble leur monter aux yeux quand ils chantent, comme s’adressant à nous. Il y aura eu jusqu’à ce Crucifixus une vraie économie et simplicité dans la façon dont Desmarest donne à chaque timbre de voix son très bref mais très efficace solo, soutenu d’un seul acolyte ou deux, instruments eux-mêmes si vibrants d’âme ! Cela vocalise rarement, mais alors avec une ivresse que la voix s’autorise, elle va jusqu’au bout, et c’est expressif et généreux et même jubilant, mais jamais ni simplement décoratif ni seulement courtisan (avec effets de manchettes, ou de trompettes). Cette sobriété élégante et qui ne croit pas devoir cacher la richesse dont elle se nourrit est une trouvaille de premier ordre dans le trésor royal versaillais. La Missa de Valls, de 1702, est plus serrée et concise, moins vocale, moins chantée peut-on dire, fonctionnant sur un ensemble instrumental très économe, mais d’impact d’autant plus intense, la harpe relançant avec une rare présence et force d’impulsion la basse continue. Comme si on se trouvait à la veille d’un combat ou fait d’armes, elle agit en impact et en suspens, comme en temps réel. De décoratif point, ou alors entièrement intégré à l’action et s’y confondant. Il reste un ascétisme, comme un vœu de pauvreté, dans cette façon d’utiliser des moyens royaux, sans les déployer et en faire vanité. Il y a de l’Escurial dans cette royauté-là – mais le Bourbon couronné en Espagne a eu tôt fait de revenir à sa pente plus facile, le goût italien, avec les conséquences qui s’en suivront pour les carrières de Desmarest comme de Valls. Superbe soirée, célébration vibrante et mâle. On en sortait remonté, rincé. Pensez : deux grandes heures sans une fadeur ! Chapelle Royale du Château de Versailles, les 2 et 3 juillet 2016






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31 mai

CD, coffret événement, annonce : ARCHIV Produktion / analogue stereo recordings (1959-1981) – 50 cd limited edition

CD, coffret événement, annonce : ARCHIV Produktion / analogue stereo recordings (1959-1981) – 50 cd limited edition. AUX ORIGINES DE LA REVOLUTION BAROQUEUSE : L’Allemagne fait figure ici pionnière sous la férule de DG qui semble à la fin des années 1950, fédérer tout un nouveau courant interprétatif dont témoigne le coffret aujourd’hui édité. Naturellement, le cycle ARCHIV Produktion / analogue stereo recordings (1959-1981) est une somme magistralement éditorialisée ici et un corpus discographique majeur qui raconte une certaine histoire de la révolution baroqueuse (principalement en Allemagne, à Munich, Nuremberg, Vienne, Hambourg, Stuttgart…) sous la houlette de Deutsche Grammophon, dès 1959, dessinant une sorte de cartographie fondatrice à laquelle il convient d’associer aussi Paris et Londres ), quand les interprètes osent des instruments nouveaux (anciens ou de facture d’époque), selon une nouvelle pratique “historiquement informée”… AUX ORIGINES DE LA REVOLUTION BAROQUEUSE… Les premiers enregistrements récapitulent les premiers essais d’interprétations baroques, encore laborieux … car sur instruments modernes (presque trop précautionneux côté tempi mais avec de très belles voix… d’opéra (Dido & Aeneas dirigé par Charles Mackerras en 1967 avec Troyanos et Amstrong, cd17). Le souffle nouveau viendrait ici plutôt du plus convaincant Karl Richter à Munich dont la Messe en si de JS BACH de 1961 fait figure de nouveau standard musicologiquement scrupuleux (et lui aussi quand même trop précautionneux par ses tempi d’une lenteur parfois soporifique… cd 6 et 7) ; pourtant le Magnificat de 1959 (borne inaugurale du présent cycle d’archives) avec les mêmes effectifs instrumentaux étaient autrement plus nerveux et exclamatifs (cd1). Même handicap pour le Rameau du Paris de l’année 1962, pour l’acte de ballet Pigmalion avec les Lamoureux dirigés par Marcel Couraud, d’une pompe superphétatoire, boursouflure qui confine au hors sujet (cd 10)… Même effort laborieux en 1971 à Vienne, pour les Concertos pour violon d’un Bach grisâtre et freluquet (Capella Academica Wien, et Eduard Melkus, violon)… On note, référence voire bel hommage au génie de Telemann fêté en 2017 pour son 250è anniversaire (de la mort), un triple cd dédié à Der Getreue Music-Meister, vaste cycle élégiaque instrumentalement ciselé, piloté par Josef Ulsamer (direction, Nuremberg 1967 — cd 12 à 15) avec un cénacle d’instrumentistes particulièrement vifs et ardents auxquels se joignent les chanteurs Edith Mathis et Ernst Haefliger : somptueuse expressivité, rigueur scrupuleuse et surtout implication totale pour ressusciter l’arête exaltée d’un Telemann qui prêchant pour sa paroisse, célèbre le chant des instruments (ouverture pour traverso, air à la française pour flûte traversière, duetto flûte et viole de gambe, passacaille… Le génie de Telemann s’y impose avec brio et poésie dans une myriade de formes intelligemment enchaînées dont JS Bach n’aurait pas renié l’éloquence et la justesse poétique, comme l’invention mélodique. A écouter aussi la direction du chef de choeur Nikolaus Harnoncourt à Vienne (1963) qui ressuscite les pièces chorales de la Cour de Maximilien Ier (avec les Wiener Sängerknaben) : le geste volontaire, l’acuité des accents epxressifs et une certaine douceur collective font mouche grâce à l’implication de celui qui ici dirige déjà ses chers instrumentistes du Concentus Musicus de Wien, fondé en 1953, soit il y a plus de 10 ans alors. Captivant (cd11). Rien à dire non plus à l’ORFEO de Monteverdi de Jurgens Jürgens enregistré à Hambourg en 1973 car y règnent les divins Nigel Rogers (Orfeo, ci dessus notre photo) et surtout le somptueux et déchirant James Bowman, au sommet de son timbre cristallin faisant une Espérance à couper le souffle… Les surprises sont plutôt du côté des… Melos Quartett / instrumentistes du Quatuor Melos d’une suavité expressive et pudique pour les Quatuors éblouissants (et nous pesons nos mots, après Mozart et Haydn), d’un Cherubini, plus européen que quiconque (Stuttgart, 1973-1975) ; première absolue au disque : le triple coffret des précurseurs de JS BACH à l’orgue (Lübeck, Buxtehude, Scheidt…) par l’immense Helmut Wacha sur l’orgue St Pierre St Paul de Cappel en septembre 1977 : rigueur, précision, et joie, voire facétie recréative : ce corpus inédit couronne non sans éclat toute une vie dédiée à la diffusion des Baroques germaniques du XVIIè et XVIIIè. Superbe nouveauté en cd. Enfin, autre perles incontournables de 1978, soit avant la fondation des Arts Florissants (1979) par William Christie, devenus depuis incontournables au registre Haendel : Acis et Galatée / Acis and Galatea de Handel (1718), d’une ivresse délicate et continûment espiègle, d’un pastoralisme enchanté réellement sidérant : John Eliot Gardiner se montre subtil, élégant, et même primesautier (avec l’Acis d’Anthony Rolfe Johnson en frais et viril berger enamouré, sans omettre l’ineffable et d’une suavité tendre éperdue Damon de l’excellent ténor Martyn Hill, notre photo)… Coffret majeur, particulièrement révélateur de l’activité des baroqueux, encore précurseurs aux fruits pas toujours très digestes dans les années 1950 et 1960 ; surtout plus convaincants et nettement plus engagés au carrefour des années 1970 et 1980. Le cap étant assurément accompli à la fin des années 1970… ce n’est pas un hasard si Les Arts Florissants naissent en France justement dans le prolongement de ces années d’expérimentation heureuse. Complète critique et présentation du coffret ARCHIV PRODUKTION / Analogue stereo recordings 1959 – 1981 dans la mag cd dvd livres de classiquenews. CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2016

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